TRANSPORT FERROVIAIRE: LES MUNICIPALITÉS DOIVENT ÊTRE TENUES AU COURANT, AFFIRME LE NPD

Le rétablissement du lien de confiance entre les compagnies ferroviaires et la population passe par une meilleure collaboration avec les autorités municipales

 SHERBROOKE — Les députés néo-démocrates de l’Estrie et de la Montérégie proposent quatre mesures concrètes que le fédéral doit mettre en place à court terme pour assurer la sécurité du transport ferroviaire et rétablir le lien de confiance entre la population et les compagnies dont les installations traversent plusieurs villes et villages de la région.

 «Nous sommes toujours en quête de réponses sur les causes exactes du déraillement, mais il est possible pour le gouvernement fédéral de poser quelques gestes immédiatement qui améliorerait la sécurité du transport ferroviaire», estime le député Jean Rousseau (Compton-Stanstead).

 Le NPD demande que le fédéral oblige les compagnies à informer les municipalités du transit de matières dangereuses sur leur territoire. «Le public doit savoir, estime Pierre-Luc Dusseault (Sherbrooke). En cas de problème, les autorités municipales sont les premières à intervenir. Elles doivent le faire en ayant toute l’information nécessaire.»

 Les députés demandent également au gouvernement fédéral de suspendre sur le champ la dérogation qui permet à la Montreal, Maine and Atlantic Railway d’opérer avec un équipage d’un seul ingénieur. «Cette compagnie continue d’opérer ses trains sur les rails estriens, qui traversent des centres-villes comme celui de Farnham. La population ne peut être en confiance sans cette mesure élémentaire», estime le député Pierre Jacob (Brome-Missisquoi).

 Le NPD demande également le retrait graduel des wagons DOT-111 pour le transport de matières dangereuses et l’adoption d’un échéancier pour leur mise au rancart, ainsi que la publication de tous les audits sur les opérations de MMA. «S’il est démontré que ses mesures de sécurité sont inadéquates, le gouvernement doit suspendre immédiatement le permis de la compagnie», indique Tarik Brahmi (Saint-Jean).

 Rappelons que c’est sous les conservateurs de Brian Mulroney, en 1989, que le Canada a commencé à déréglementer le transport ferroviaire. Une tendance qui s’est poursuivie sous le gouvernement libéral, qui a décidé d’accélérer le mouvement en modifiant la Loi sur la sécurité ferroviaire en 1999, une politique qui n'a jamais été remise en question par les différents gouvernements fédéraux par la suite.